Nuwa : la maman qui a créé l'humanité, rapiécé le ciel et inventé le mariage

Publié le 31 mai 2026 à 13:45

Ta maman fait beaucoup pour toi — mais a-t-elle déjà modelé des humains à la main et réparé le ciel avec des pierres de couleur ? Rencontre Nuwa, la mère ultime de la mythologie chinoise.

Ce dimanche, pendant que tu cherches désespérément un cadeau de dernière minute pour la fête des mères, sache que quelque part dans la mythologie chinoise, une déesse regarde ça avec un sourire bienveillant. Son nom ? Nuwa. Et comparée à ce qu'elle a accompli, offrir des fleurs ou du chocolat, c'est vraiment le minimum syndical.

Nuwa, c'est LE personnage féminin fondateur de toute la civilisation chinoise. On la décrit comme une créature divine mi-femme, mi-dragon (ou serpent selon les versions), capable de changer de forme soixante-dix fois par jour. Elle vit sur le paradisiaque mont Kunlun, là où les immortels ont élu domicile. Et elle a, à peu près, tout créé. Oui, tout.

Le jour où elle a décidé de créer des humains — par ennui

L'histoire commence comme ça : Nuwa se promène dans un monde absolument magnifique — montagnes, fleuves, animaux, plantes, tout y est. Mais quelque chose cloche. Il y a un silence étrange. Assise au bord d'une rivière, elle contemple son reflet dans l'eau et réalise qu'elle est… seule. Complètement seule.

Alors elle fait ce que n'importe quelle déesse créatrice ferait à sa place : elle attrape un peu d'argile jaune au fond de la rivière et commence à modeler. Inconsciemment, ses mains forment une petite silhouette. Pas avec une queue comme la sienne — non, avec deux jambes. Elle pose la figurine par terre, et là… la petite créature se met à danser et à chanter de joie. Nuwa est tellement émue qu'elle en fabrique des centaines d'autres, une par une, à la main, avec amour et soin.

sauf qu'à un moment, elle réalise que ça va prendre une éternité à ce rythme. Génie pratique oblige, elle trempe une liane dans la boue et la secoue au-dessus du sol — les gouttes qui tombent deviennent aussi des humains. Petite nuance : ceux modelés à la main deviennent les nobles et les gens aisés, ceux issus de la liane deviennent le peuple ordinaire. Voilà comment les inégalités sociales ont une explication mythologique depuis 4 000 ans.

Mais ce n'était qu'un début — parce qu'ensuite, le ciel s'est déchiré

Nuwa vient à peine de finir sa collection d'humains qu'une guerre cosmique éclate. Le dieu de l'eau Gonggong, humilié d'avoir perdu une bataille contre le dieu du feu Zhurong, se jette de rage contre la montagne Buzhou — l'un des piliers qui soutient le ciel. Il la brise. Et là, c'est le chaos absolu.

La déesse qui a (aussi) inventé l'amour

Ce serait déjà suffisant pour mériter une statue, mais Nuwa ne s'est pas arrêtée là. Voyant ses humains se multiplier de façon un peu désordonnée, elle a décidé d'établir les rites du mariage — en instaurant la règle que les hommes et les femmes devaient s'unir officiellement pour fonder une famille. Elle est donc aussi la déesse du mariage et de la fertilité. En gros, chaque couple marié sur Terre lui doit un merci.

Nuwa, Gaïa, Ève — même combat ?

On ne peut pas s'empêcher de remarquer que Nuwa ressemble à beaucoup d'autres figures fondatrices à travers les cultures. La Gaïa grecque qui enfante les dieux et la Terre, l'Ève biblique première femme de l'humanité, la Pachamama andine… Toutes ces mythologies ont ressenti le besoin d'une figure féminine originelle, créatrice et protectrice.

 

La différence avec Nuwa ? Elle est peut-être la plus badass de toutes. Gaïa enfante des dieux, Ève cueille une pomme — mais Nuwa, elle, répare le ciel à mains nues pendant que tout brûle autour d'elle. C'est la définition même de "gérer la crise".

Alors, ce cadeau pour la fête des mères ?

Nuwa nous rappelle quelque chose d'essentiel pour cette fête des mères : une mère, c'est quelqu'un qui crée, qui protège et qui répare — souvent les trois en même temps, souvent sans qu'on le remarque vraiment. Elle modèle, elle rafistole ce qui s'effondre, elle invente des règles pour que tout le monde vive bien ensemble. Et elle le fait sans attendre de médaille.